la Biennale d’Art Contemporain de Lyon : un Fukushima culturel

La chronique N° 47 de Nicole Esterolle

(réagissez sur nicole.esterolle@gmail.com)

la  Biennale d’Art Contemporain de Lyon : un Fukushima culturel

L’artiste new yorkais Roe Ethridge a bien voulu confier au curator suédois Gunnar B. Kvaran ses photos de vacances familiales pour en faire les  visuels, logos et affiches de la Biennale d’art contemporain de Lyon 2013.
Ainsi, la première image nous montre le visage de l’artiste avec un œil au beurre noir ; la seconde, le visage plutôt souriant d’un jeune porc  ; la troisième, une femme soufflant dans un bubble-gum ; la quatrième, une autre jeune femme  sans anomalie ou trauma apparents.

Le visage à l’œil poché sera donc été affiché pendant trois mois à tous les coins de rues, sur des milliers de panneaux publicitaires dans la ville, de telle sorte qu’aucun des un million trois cents mille habitants de l’agglomération lyonnaise ne puisse échapper à cette image d’art contemporain, pleine d’espoir, de douceur, de poésie, et particulièrement bienvenue en ces temps de dépression morale et économique généralisée.

Outre ce matraquage visuel au niveau local, des sommes colossales ont été affectées pour la communication de l’événement au niveau  national et international, et placer ainsi la ville de Lyon dans le top ten des villes les plus culturellement dynamiques de la planète.

Le journal le Monde, notamment, témoin toujours privilégié  des plus belles avancées de l’art de notre temps, a été l’un des premiers bénéficiaires de cette manne publicitaire avec un cahier spécial de 4 pages au centre de son édition du 13 09 2013. Il a publié aussi  ce quart de page dont je vous joins la copie, où l’on voit les 4 visuels sus-indiqués, en proposant à ses lecteurs de jouer avec eux à une sorte de « cadavre exquis » de haute tenue intello-masturbatoire. (une bonne partie des textes des quatre pages centrales a été écrite par mon pote Harry (Bellet)… mais je lui pardonne, parce qu’il a su y rester calme, distancié et factuel, comme le merveilleux jésuite qu’il sait être… mais  que ne sait pas être sa collègue, Emmanuelle Lequeux, toujours au bord de l’épectase ou de la turgescence cérébrale fatale, dès qu’elle parle de Jeff Koons, de Damien Hirst, etc., et d’art contemporain en général)

France Info, France culture, Télérama, etc… pour ne pas être en reste, sont également partenaires afin de  nous rabâcher quotidiennement  les vertus de cette biennale qui s’affirme  donc surtout comme une énorme machine médiatique : une machine  à médiatiser à se médiatiser d’abord elle-même, un média en soi et pour soi, comme une grosse bulle  d’autosatisfaction communicationnelle. ( d’où probablement la signification  de l’affiche de la fille au bubble-gum, comme on fait par ailleurs des bulles spéculatives avec l’argent.)

Et c’est pour cela que  les artistes, en tant qu’ éléments constitutifs de  cette construction frénétiquement communicante, ont été choisis beaucoup plus pour leur aptitude à déclencher du commentaire sur eux -mêmes et sur l’évènement, que pour une éventuelle qualité intrinsèque ou pour une  mystérieuse et poétique évidence  qui laisserait sans voix la plupart des chroniqueurs d’art, et réduirait à néant l’utilité de cette entreprise en tant qu’appareil  à  produire  du buzz, de l’effet Larsen et de l’incontinence journalistique.

Notre fringant curator international a donc parcouru le monde aux frais de la Princesse, pour trouver des produits hautement buzzants et communicatogènes, dont l’efficacité médiagénique se mesure à l’aptitude à la spectacularité, à la provocation, au scandale, à l’interpellation, à l’agression visuelle, au dérangement du bourgeois, au « bouleversement des codes, à l’«  l’exploration des limites », au non-sens, à la dérision, à l’autodérision, au cynisme, la morbidité, à l’obscénité, au dépressif, à la négativité,  à l’interrogation  psychogène de tout et de n’importe quoi… Avec, en projet commun, ce permanent  et lancinant  questionnement sociétal assez simpliste où chacun, sous prétexte de récit ou de « transmission », car c’est  là le mot – concept – fourre-tout, très  obsessionnel pour le  directeur de cette biennale : communiquer et transmettre à tous prix, mais sans savoir exactement quoi ni pourquoi.

Dés lors chaque artiste y va librement de sa grosse métaphore paysagère, de son allusion bien téléphonée, de son illustration bien pop-braillarde, de sa « narration » bien streetarteuse, de son allégorie bien épaisse et de sa symbolique bien compréhensible (y compris ce brave vieux Gudmundur (Erro) qui y va de son Guernica bosnien), bref, une sorte d’ art lourdement chargé d’un « message »sur les misères de ce monde,  très « engagé » au sens le plus pâteux, confus, bidouillé, opportuniste, sournois, combinard, récupératoire , démagologique   et misérable du terme.

Et voici, pour preuve, ce que nous disent les notices explicatives  concernant l’engagement ou  « process » de quelques -uns des participants à cette biennale :
«Juliette Bonneviot nous raconte l’histoire assez simple d’une ménagère écologiste et des déchets qu’elle produit au jour le jour… Ian Cheng raconte des histoires a priori banales : un accident de voiture, une bagarre de rue ou une chasse au lapin… Karl Haendel revient sur la tuerie d’Aurora, pour aborder les notions d’envie, de fascination et de violence… Ed Atkins parle de la dépression, dans tous les sens du terme…Trisha Baga se situe entre le regard et l’investigation…Matthew Barney s’appuie sur la créativité provoquée par l’obstacle et la répression… Gerry Bibby interroge la notion même de « langage » artistique … Dineo Seshee Bopape raconte des histoires qu’elle interrompt parfois avant leur terme, ajoutant au récit linéaire habituel le chaos esthétique…The Bruce High Quality Foundation aborde les notions de respiration, de psyché et de guérison… Jason Dodge témoigne d’un moment, celui d’un médecin et de plusieurs enfants qui ont dormi sur des coussins qu’il déploie dans l’espace d’exposition… Aleksandra Domanovi? raconte les blessures de l’Histoire, celles qu’on guérit par le déni collectif… Gabríela Fri?riksdóttir aborde la question du crépuscule… Patricia Lenox compose un assemblage mural où se retrouvent un interrupteur et des câbles électriques … Ann Lislegaard s’inspire librement de la chouette artificielle de Blade Runner…Nate Lowman mélange les détritus de la culture pop avec ceux du langage quotidien… Václav Magid conçoit ses œuvres comme des projets d’exposition conceptuels visant à souligner certaines problématiques sociales et culturelles…Helen Marten se joue des systèmes de référence tenus pour acquis en proposant de nouvelles codifications des éléments du quotidien… Aude Paris  joue avec la figure fantomatique du zombie …Lili Reynaud-Dewar trace des perspectives obliques entre sa position d’artiste et celles de différentes figures mythiques du combat pour l’égalité raciale et des revendications identitaires…, Tom Sachs se consacre aux liens entre l’esclavage et le totalitarisme d’un corps humain perfectionné jusqu’à la désincarnation….

On voit donc, dans ces exemples, que la note d’intention, le projet, le process, la recherche, l’exposé du problème, l’alerte, la question en soi, se suffisent à eux-mêmes, priment sur toute  réponse ou éventuelle  résolution, et d’une certaine manière l’oblitèrent. Car autant l’art véritable « ne cherche pas mais trouve » (comme disait Picasso), apporte des solutions apaisantes, calme le jeu, met en forme et transcende les douleurs, autant cet art faussement subversif de l’hyper- communication à vide, exaspère les tensions, attise les angoisses et les tensions sociales, exploite sans vergogne  les souffrances , etc. pour mieux  faire l’intéressant. Et pensons,  dans ce registre du cynisme cattelanesque de haut niveau , à cet artiste international, dont les œuvres « dénonçant le pouvoir de l’argent » sont vendus à des prix exorbitants à des collectionneurs milliardaires… Il ne figure pas dans cette biennale, mais ses homologues y sont. Et nous atteignons ici  ce niveau record de retournement  pervers du sens, qui permet sans doute au directeur de cette biennale de dire qu’elle a quatre ans d’avance sur son temps… puisque, dit-on : « on n’arrête pas le progrès en art».

Et nous sommes confrontés ici à cette logique ahurissante qui consiste à retourner la contestation  d’un système comme argument marketing en faveur de ce même système.
Et nous voyons ici des sortes de pèlerins de l’art contemporain, qui viennent à la Biennale comme d’autres au Vatican , à Katmandou ou à la Mecque, se raffermir la foi en l’art et en l’homme, pour  mieux , ensuite, rouler de la mécanique intellectuelle, étonner les collègues de bureau, se faire valoir socialement et se valoriser d’autant plus qu’ils pourront dire que tout était « complètement nul»…  conformément à ce même principe de retournement.

Mais ce qu’il y a de plus terrifiant dans  ce grand guignol , dans ce Guiness book  des records de l’inepte, dans ce Barnum Circus des monstruosités artistiques, dans cette foire aux atrocités mentales, dans  cette fête à neuneu pour neuneux culturolâtres, etc , c’est la violence infuse, inhérente, consubstantielle à toute stratégie de com’,  faite au sens commun et aux valeurs partageables. Violence de l’œil poché, de la bulle qui va exploser, de la tête de cochon qui sera égorgé, de l’interpellation insultante et grossière faite au public par ces affiches. Violence gratuite  de la fausse énigme de ces images ostensiblement nulles, comme des rébus sans solution, sans contenu, sans humour, sans poésie. Violence faite à l’intelligence et à la dignité humaine avec ce slogan du Groupe Partouche qui est  l’un des deux casinotiers sponsors principaux de cette mascarade artistique: « La culture pour tous, partout, Partouche ». Violence du sentiment d’impunité devant cette financiarisation de la crétinerie et de vulgarité courantes. Violence du sentiment de vertige devant une telle abyssale béance du sens. Violence de l’attaque au porte-feuille du contribuable pour payer cette promotion et cette valorisation du financial –art international.

Violence faite aux populations sub-urbaines avec cette opération au nom ridicule de « maisonveduta », particulièrement odieuse de démagogie, et qui consiste à placer des produits du grand marché spéculo-financier dans les foyers modestes de banlieue : L’esthétique des milliardaires à la portée des « petites gens », c’est ça , et je vous conseille à ce sujet de lire «  La violence des riches » , récent ouvrage du couple de sociologues, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, (Editions Zone) sous-titré « Chronique d’une immense casse sociale », et où l’art contemporain est cité comme instrument d’assujettissement culturel, d’aliénation insidieuse, et « qui creuse la misère sociale en même temps qu’il fait grossir les grandes fortunes ».

Violence enfin,  faite aux responsables politiques qui n’en pensent pas moins, mais restent tous, terrorisés et tétanisés  devant l’ampleur et la complexité de ce phénomène médiatico artistico-culturel, qui a la  dimension exacte de la grande finance internationale auquel il est indexé, et sur lequel ils n’ont donc aucune prise, ni au niveau local, ni au niveau national. ( Voir le passage   furtif, en catimini et presque honteux, de notre Ministre de la Culture pour l’inauguration de cette Biennale).

Alors oui, je crois qu’il est temps de dire ce dont il s’agit exactement, de s’extraire de l’hypocrisie, de démonter la supercherie, d’analyser les choses en amont de cette énorme imposture au service des réseaux de pouvoir et d’argent, devant cette cérémonie invraisemblable, où les pauvres exploités vont se prosterner devant les objets liturgiques voués à la  célébration des hautes vertus culturelles des riches exploiteurs , devant cette enfumage toxique qui brouille les pistes, qui injurie et se moque de tout le monde, qui tue les vrais artistes.

Il faudrait, chers collègues critiqueurs d’art, mondains, bénévoles, intermittents ou professionnels, oser  maintenant aller  au-delà des habituels commentaires d’un débilitant  anecdotisme,  dans le genre de ce que j’ai pu déjà entendre : « c’était beau, c’était pas beau », « c’était globalement nul », « j’y ai rien compris », « c’était mieux ou pire que la précédente », » c’était rigolo »,  « Même Restany n’y retrouverait pas sa bouteille de Whisky », «  J’y ai noté la présence de Madame Orlan et de Monsieur » ; « On a regretté que le cochon émergent sur la scène artistique internationale, de l’affiche, n’ait pu venir au vernissage », « Il paraît que le performeur de renommée international sino-yémenite , Fukusama Benladen, qui a signé le récent tsunami ravageur des  côtes japonaises, a été interdit de vernissage », « « j’ai bien aimé l’homme  nu, assis par terre jambes écartées et en semi érection» (Photo jointe), « L’artiste dont l’oeuvre consistait à supprimer la partie gauche de la moustache du Directeur de la biennale,  pour protester contre la déforestation de la forêt amazonienne, a été injustement  écarté de la sélection », « L’artiste à l’œil poché à été félicité par Madame la Ministre de la culture, pour son courage intellectuel», « « mon beau-frère  a bien aimé », « je nique ton nar contanporin »,  « rien que des plaisanteries », ou bien, dans le meilleur des cas :  « je n’ai trouvé que 2 ou 3 choses intéressantes », etc. .. Oui, car même si l’on peut y trouver quelques œuvres qui sont de l’ordre de la vraie création artistique, par on ne sait quelle fâcheuse erreur de casting curatorial, il n’empêche que l’ensemble relève, à mon avis,  de la catastrophe culturelle majeure, que les dégâts insidieux résultants de  cette sorte d’empoisonnement  collectif des consciences sont considérables et peut-être irréversibles ?. .. Imaginez une Biennale du vin contemporain, où l’on ferait boire au public du vin du même tonneau que cet art -là … Imaginez  les ravages dans les tubes digestifs…

Et dites-moi si j’exagère, quand je vois cet événement comme un gros tsunami de stupidité qui s’abat sur la cité, comme un gros paquet d’art néolibéral dans  une énorme déferlante d’immonde  bouillasse noirâtre et puante, détruisant tout ce qu’il y a d’artistiquement et humainement honorable et vivant .

Encore plus fort
dans la crétinerie artistique provinciale subventionnée !

Encore plus fort que l’artiste qui fait de la vigne et du vin sur un terrain mis à sa disposition par le FRAC-Alsace : à Tours , un performeur est enterré vivant pendant une semaine devant l’Hôtel de Ville, par le FRAC local… coût de l’opération : 30 000 euros
En savoir plus :
http://www.observatoiredessubventions.com/2013/30-000-euros-pour-une-performance-artistique-a-tours/?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+ObservatoireDesSubventions+%28Observatoire+des+subventions%29

Un film à voir absolument
La ruée vers l’art
La mondialisation de l’art et la spéculation.
Un film document de la rentrée 2013

Beaux arts mag en fait un édito furibard…ce qui prouve bien que ce film doit être bon
Le lien pour le site du film « La ruée vers l’Art » est le suivant   http://www.rezofilms.com/distribution/la-ruee-vers-lart

L’irruption et la puissance de nouveaux collectionneurs hyper-milliardaires ont bousculé un marché de l’art contemporain jusque-là orchestré par un petit réseau de professionnels. De nouveaux gisements artistiques, de nouveaux artistes à vocation mondiale, des montants financiers démesurés sont les fruits d’une spéculation intense : quels en sont les véritables enjeux ? Qui en sont les acteurs ? Quelle place pour la créativité des artistes ??De New York à Hong Kong, de Singapour à Miami, de Shanghai à Doha en passant par Bâle et Venise, la réalisatrice Marianne Lamour et les auteures, Danièle Granet et Catherine Lamour, sont parties à la découverte de ce monde en pleine mutation vers une nouvelle société de l’Art globalisé sans en cacher ni les outrances, ni les errements.

Un livre à lire absolument
« Les années noires de la peinture »
Une  mise à mort bureaucratique ?

A travers des centaines de citations d’acteurs institutionnels, Pierre- Marie Ziegler, Marie Sallantin et Aude de Kerros, prouvent et analysent rigoureusement le travail systématique de disqualification de la peinture mené en France pendant trente ans par les agents de l’art d’Etat

Editions Pierre-Guillaume de Roux – Parution  fin septembre 2013

* Signalons la réédition avec nouvelle préface et chapitre complémentaire du livre de  Aude de kerros : « l ‘art caché
-les dissidents de l art contemporain »- Edition Eyrolles

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Le non-art contemporain en 6 dogmes

http://bibliobs.nouvelobs.com/en-partenariat-avec-books/20130906.OBS5922/le-non-art-contemporain-en-6-dogmes.html

C’est un document qui nous vient de Colombie et qui explique bien le système de l’art contemporain international : à déconseiller aux critiques d’art bien en cour et qui souhaitent le rester… Lisez absolument

Harry m’a pomper

Dans le numéro d’été de Beaux-Arts magazine, il y avait une nouvelle policière signée Harry Bellet, chroniqueur habituel d’art au Monde. Et l’on découvrait dans cette sombre histoire qui se passait dans les milieux de l’art contemporain que l’un de principaux protagonistes, irlandais d’origine,  s’appelait  Nick O’Lesterol… Harry m’a confirmé que j’étais bien son « inspiratrice » pour le nom de son personnage… J’en suis ravie, car cela va m’aider pour la candidature que j’ai posée auprès du rédac-chef du Monde, pour remplacer le pâteux père Plantu et , dans la foulée, la très neuneue  mère Lequeux.
Merci Harry, t’es un vrai pote !

De la laïcité en art
Parallèlement à la charte de la laïcité qui va être affichée dans tous les établissements scolaires, pour interdire le port ostensible de signes d’appartenance religieuse,  on nous annonce qu’une autre charte va être affichée dans les établissements culturels, pour interdire le port de sacs Vuitton comme signe ostensible d’appartenance de classe… interdiction encore plus appuyée quand il s’agira de sacs Vuitton relookés par Daniel Buren avec des petits damiers blancs et noirs…

Art press s’est converti à l’art brut… !
Après avoir depuis 40 ans conchié tout ce qui est de l’ordre de l’affectueux, du populaire, du sensible, du tripal, de l’expressionnisme, du spontané,  de l’autodidacte et du « hors-normes », voilà donc qu’aujourd’hui, le magazine Artpress vient d’émettre un  hors-série sur l’art brut…
Certains voient là, comme un signe d’humanisation de la pensée artistique dominante, et s’en félicitent…Moi je vois plutôt là comme un reniement-récupération d’une vilénie record et d’un cynisme, d’une ignominie,  et d’une impudence à vomir.
Que l’art brut soit devenu aujourd’hui un produit de spéculation intellectuelle et de placement financier me semble particulièrement odieux…

Un petit mot sympa
du Général  De Gaulle !

Stanislas Fumet (1896-1983), fut essayiste, poète, éditeur, critique d’art, ami de François Mauriac, Jacques Maritain et Paul Claudel, grand résistant et totalement engagé dans ce qu’il appelait lui-même « le service de la Beauté ».
« Le jour où ce service ne sera plus assuré, , il n’y aura plus d’amour, il n’y aura plus rien qui soit digne de l’homme… » écrivait-il dans Véronique ou l’usage sacré de l’art… et voici ce que le Général de Gaulle, lui écrivait au sujet de ce livre :
« Mon cher Maître et ami, Que de ferments et de consolation dans votre livre, Véronique ! Vous ne renoncez à rien, quand il semblerait qu’en art même les vertus des cieux sont ébranlées par tant d’appels du néant. Car sont-ils autre chose tous les aphorismes contemporains de l’impuissance, cachée sous l’outrecuidance de la mode et de la négation ? Merci, de tout mon cœur, mon cher Maître. Veuillez croire, autant que jamais, à ma fidèle amitié. Charles De Gaulle

Un  prix Ricard
à consommer avec modération

Le curator international d’extraction helvète, Yann Chateigné, a nominé, pour une exposition intitulée « La vie matérielle », huit artistes émergents, parmi lesquels sera choisi l’heureux lauréat du 15 ème Prix de la Fondation d’entreprise Ricard. Pour ce Prix, qui sera  décerné le 25 octobre 2013, par un jury de collectionneurs amis des grands musées d’art contemporain, le gagnant se verra remettre son pesant de pastis Ricard, autant de cacahuètes  et acheter une œuvre qui sera ensuite offerte au Centre Pompidou.

Le jeune curator nous précise : « À l’origine de La vie matérielle, il y a un projet qui se fonde sur des gestes presque primaires, qui tendent vers un degré zéro, un langage restreint et engagé. Non pas penser avec des oeuvres finies mais à partir d’attitudes, avec un leitmotiv, celui d’une exposition sans sujet ni objet : que ces gestes entretiennent une relation matérielle avec l’environnement. »

Nous sommes donc dans la même logique  « processuelle, discursive et environnementale » que celle des précédents prix Ricard, et notamment des travaux de Katinka Bock , lauréate du prix 2012, qu’on nous disait déjà « constitués de matériaux allusifs et révélateurs d’interactions spatiales, et fruit de l’observation et la construction des relations humaines. ». On y voyait en effet des plaques de terre crue posées délicatement au sol, ou bien des dalles de marbre accotées à des bas des murs de chapelles, ou bien un énorme bloc de pierre caché sous une table, ou bien des parpaings suspendus au plafond et munis d’un crayon faisant trace du balancement au sol, etc. C’était un travail qui    prenait «  toujours en compte la nature et le contexte physique, historique et social des lieux qui l’invitent »

La critique d’art Joana Neves écrivait à son sujet dans Zérodeux, la  revue d’art contemporaine trimestrielle et gratuite (c’est-à-dire payée par le contribuable français), qui fait lien dans la communauté des artistes français émergents sur la scène internationale : « à force de côtoyer ce travail, somme toute abstrait, l’on vient à constater qu’il cultive un lien avec la condition sociale de l’homme, avec l’être-ensemble.(…) La trace que la sculpture fait sur le mur , dit bien, d’une part  les possibilités d’expansion de la sculpture par la sculpture; et de l’autre, elle l’ouvre à la forme presque désincarnée, processuelle et protocolaire sans pour autant la disséminer….bref , elle exprime cette porosité de l’œuvre dans le contexte… Aussi, le potentiel acquéreur de cette pièce, pour autant qu’il l’installe et la pratique, sera mis devant le potentiel à venir de la vie matérielle. »…

Et voici enfin ce que nous déclarait l’artiste elle-même : « Quand je travaille, je pense beaucoup aux relations entre les gens (…) Cette sculpture (photo jointe)  qui tourne sur elle-même comme un carrousel, prend les mesures des objets qu’elle porte, mais aussi de l’espace autour d’elle et de celui qui la regarde. C’est  comme une personne qui tient dans ses bras ou sur sa tête des objets fragiles, dans un processus de la pensée qui génère le  question de la forme et du contenu, qui est  le souci général de l’art  »

Nous étions donc bien, avec cette œuvre qui grattait le mur,  en présence de « gestes qui entretiennent une relation matérielle avec l’environnement »…et nous en étions très satisfaits et heureux.

Moins heureux doivent en être cependant et selon moi, les vrais amateurs  de pastis Ricard, en pensant que leur populaire breuvage – qui fait comme on le sait, lien social et festif dans les joyeuses communautés boulistes et campeuses – sert à financer des opérations marketteuses  et  sponsoreuses aussi tristounettes et à contre-sens.

Mais ça, c’est l’avis, comme vous savez, d’une démago-populiste impénitente notoire…

( l’abus d’alcool nuit gravement à la santé)

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visuels biennale lyon

Sur le site québéquois : http://levadrouilleururbain.wordpress.com/  http://levadrouilleururbain.wordpress.com/2013/08/04/art-contemporain-trentenaire-deja-%E2%80%8F-par-nicole-esterolle-from-paris/

http://levadrouilleururbain.wordpress.com/2013/07/22/les-poules-et-lart-contemporain%E2%80%8F-par-nicole-esterolle-from-paris/
http://levadrouilleururbain.wordpress.com/2013/07/01/cest-officiel-marcel-duchamp-nest-plus-contemporain-par-nicole-esterolle/,

sur Mic Mag, le magazine des médias libres :www.micmag.net/es/voz-libre ,
sur www.actuartlyon.com
sur http://ragemag.fr/  et
sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/
et ( en anglais ) sur le site US, subversify.com
http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/
et l’interview-profession de foi  que j’ai donné au  magazine en ligne languedocien idem.mag
http://www.idem-mag.com/nicole-esterolle/

je vous recommande aussi
http://blablartcontempourien.wordpress.com/
et
www.face-art-paris.org/

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